RÉSILIENCE

La résilience selon Cyrulnik «c’est un refus de la résignation à la fatalité du malheur.»

En physique, le terme résilience s’entend de la capacité à résister à un choc. En sciences sociales, il se comprend comme «la capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comportent normalement le risque grave d’une issue négative.»

Initialement concentré sur la période où se construit la personnalité, l’enfance, l’étude de Cyrulnik vise à démontrer qu’à chaque période de sa vie, un individu peut faire face à des événements tels qu’ils mettent en danger l’intégrité de sa personnalité, et de son développement.

Lorsque la douleur liée à un événement traumatisant est trop forte, le recul pris par la suite permet la transformation de cet événement en démonstration de force de celui qui l’a subi. Souvent par le biais de l’humour, mais aussi quand le témoignage de l’horreur, indirect, ne nous confronte pas violemment, mais nous permet de l’envisager et de la représenter. Ainsi Le journal d’Anne Frank témoigne de la terreur sans jamais l’évoquer directement. Et même au fait de la fin tragique de sa rédactrice, le lecteur ne sera pas directement confronté à l’horreur.

Dans l’émotion qu’on éloigne, on fait une représentation, c’est à dire que l’on représente dans sa mémoire un événement passé. La résilience ne peut donc s’effectuer que dans l’après-coup de l’événement. Dans l’après coup quand la représentation est possible, quand le milieu familial ou culturel permet de faire ce travail de représentation, on cherche alors des mots, on élabore des stratégies psychologiques pour que pour que le trauma ne revienne plus. C’est cette mobilisation qui met l’émotion à distance et permet d’être maître de la situation, c’est le travail de résilience.

Ce mécanisme, que Cyrulnik qualifie de moyen de «défense sur le fil du rasoir» vise à la réappropriation du passé, de la mémoire personnelle. De victime, le narrateur redevient maître de sa mémoire, et choisi de l’exprimer à sa convenance.