ALTÉRITÉ

J'aborde notre rapport à l'autre par le prisme du handicap, car la différence de l'autre est exacerbée

« C’est toujours la réflexion sur l’altérité qui précède et permet toute définition identitaire »
    - Augé

Il faut d’emblée souligner que si elle fait couple avec l’identité - caractère qui fait qu’un individu est lui-même et se distingue de tout autre, si elle est toujours posée en contrepoint :

« non moi » d’un « moi », « autre » d’un « même »

le rapport qu’elle engage d’emblée à l’identité est pluriel et dialectique.


En effet, si l’autre se définit par rapport à un même, le même s’affirme autant relativement à l’autre qu’à soi.


L’altérité convoque, autant que la notion d’identité, celle de pluralité.


D’une part, « l’altérité du dehors » qui concerne les pays, peuples et groupes situés dans un espace et/ou un temps distants et dont le caractère « lointain » voire « exotique », est établi en regard des critères propres à une culture donnée correspondant à une particularité nationale ou communautaire

D’autre part, « l’altérité du dedans », référant à ceux qui, marqués du sceau d’une différence, qu’elle soit d’ordre physique ou corporelle (couleur, race, handicap, genre...) du registre des mœurs ou liée à une appartenance de groupe (national, ethnique, communautaire, religieux…) se distinguent à l’intérieur d’une organisation sociale ou culturelle et peuvent y être considérés comme source de malaise ou de menace.

L’altérité est le produit d’un double processus de construction et d’exclusion sociale.