LA FILLE À LA POUPÉE

Vidéo couleur


Ingrid est seule avec une poupée, dans une ambiance feutrée, où délicatement l'on découvre son univers, grâce aux histoires qu'elle nous livre successivement. Ce qu'elle narre n'est pas un récit linéaire, ses histoires constituent une sorte de cycle où elle en reprend une, l'améliore, y apporte des détails, insiste sur ce qui la touche puis, part dans un autre récit. Elle met en scène des personnages qu'elle connaît, qui font partie de son quotidien, comme sa famille, ainsi que des personnages de la vie publique, de la télévision, des journaux, mais également de son imagination.
Elle nous emporte avec elle dans un flot incessant de paroles, où se mêlent avec beaucoup de poésie son rapport au monde, le quotidien et l'imaginaire.

La poupée est un support, grâce auquel elle se projette en tant que future mère, qui décrit, dévoile, explique le monde à son enfant. On partage alors sa vision du monde, de la vie, de son univers qui réunit pléthore d'éléments qui nous sembleraient au premier abord disparates mais qui, tous rassemblés par elle, forment un un univers riche de sens.
Ses récits sont entrecoupés de phrases qui nous font découvrir sa compréhension de la vie, son ampleur.
Par exemple elle dit à sa poupée : « Tu sais, c'est dur la vie » avec un sérieux qui nous fait comprendre qu'elle ressent ce qu'elle dit.

Le spectateur et la poupée, ne font plus qu'un, ils apprennent.
Son récit me rappelle Le Petit Prince de Saint Exupéry car, avec des mots simples, il nous dévoile sa conception du monde.

Le récit du Petit Prince, de son voyage sur les différentes planètes, redonne poésie et délicatesse aux choses, aux êtres, là où les grandes personnes voient inutilité.

La vidéo est montrée sur un socle bas, invitant le spectateur à se mettre à la même hauteur que l’écran pour tenter de s’immerger dans ce monde délicat.